Histoire du domaine, côté cour, côté jardin

De la seigneurie au cinéma

Le domaine actuel, composé du château et du parc, conserve les traces de l’histoire du site. Avec la fondation d’une seigneurie au début du 16 siècle, les barons de Montyon (il faut attendre la Révolution pour l’ajout d’un h à Monthyon) aménagent le site : un potager, des fontaines et un jardin à la française encadrent le château.
Avant la Révolution française, le domaine fait office de relais de chasse. Après 1789, plusieurs propriétaires se succéderont. En septembre 1914, le domaine de Monthyon sera le témoin du début de la Grande Guerre. Occupé par l’armée allemande, il offre un regard stratégique sur la bataille des 5 et 6 septembre 1914. Il sera de nouveau occupé pendant la deuxième Guerre mondiale.

Avec son acquisition en 1959 par le jeune acteur Jean-Claude Brialy - il n’a alors que 26 ans - le domaine fait son entrée dans le monde des arts : il devient lui-même un morceau d’histoire de la vie artistique de la deuxième moitié du 20 siècle. En 2007, l’artiste fait don de son domaine à la Ville de Meaux.

L’utilisation des lieux pour des tournages de films tels qu’Églantine (de Jean-Claude Brialy, 1972) ou Le Cercle rouge (de Jean-Pierre Melville, 1970) ou encore pour les émissions « La vie de château » présentées par Jean-Claude Brialy (diffusée sur FR3 en 1984) mais aussi ses archives (scénarios, correspondances entre grands noms du cinéma français…) en font un site incontournable du patrimoine cinématographique français.

Très impliqué dans l’organisation de son domaine, l’acteur s’investira dans la décoration et la remise en état de certaines salles de sa demeure mais aussi dans les choix d’éléments végétaux et la création d’espaces verts mêlant tour à tour influence du jardin à la française et jardin romantique. Son goût pour les parfums et les couleurs lui ont particulièrement fait aimer les roses. C’est pourquoi une roseraie a été réalisée dans le domaine, en hommage à son propriétaire mais aussi, pour certains rosiers, en hommage à des personnalités ayant joué ou partagé une amitié avec Jean-Claude Brialy.

Monsieur Brialy

Jean-Claude Brialy naît en 1933 en Algérie. Après son baccalauréat, il s'inscrit d'abord au Conservatoire de Strasbourg où il obtient un premier prix de comédie, puis au Centre d'art dramatique de l'Est. En service militaire à Baden-Baden, il est affecté au service cinématographique des armées, qui lui donne entre autres l'occasion de tourner dans son premier court-métrage.
Débarquant à Paris dans les années 50, il fréquente très vite la bande des Cahiers du Cinéma. C'est Jacques Rivette qui l'engage le premier mais la célébrité arrive en 1958 avec les deux premiers films de Claude Chabrol : Le Beau Serge et Les Cousins. Compagnon de route des "Jeunes Turcs", Jean-Claude Brialy tourne avec Jean-Luc Godard, François Truffaut ou encore Éric Rohmer. C’est grâce à leur soutien qu’il achète le domaine de Monthyon en 1959.

Homme de théâtre et de cinéma, il n’aura de cesse de s’aventurer dans des rôles et des activités variés. Il réalisera plusieurs longs métrages pour la télévision et pour le cinéma, dont Églantine, tourné en partie au domaine de Monthyon. Parmi ses nombreuses activités, il faut aussi citer celles de directeur de théâtre (celui des Bouffes Parisiens notamment), de créateur ou directeur artistique de festivals (Ramatuelle, Anjou), et d'animateur d'émissions de radio (sur Europe 1 en particulier).

Compagnon sincère à la personnalité sociable, il nouera toute sa vie de nombreuses amitiés. Dans sa maison de campagne qu’était le domaine de Monthyon, il invitera de nombreuses personnalités à partager un repas – plus de 500 – et les amis proches à venir trouver du repos le temps de quelques jours, semaines, mois ou années. Il s’éteint en 2007, au domaine de Monthyon.

Jean-Claude Brialy a publié ses mémoires dans :
Le Ruisseau des Singes (éditions Robert Laffont, 2000)
J’ai oublié de vous dire (XO Éditions, 2004)